L’édito du 21 février 2013

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Dans cet édito, je voulais vous parler de 2 sujets parmis tant d’autres diffusés ces dernières semaines via mon “inséparable” SAM7SHAARLI dont vous trouvez les liens dans le bandeau supérieur & pour lequel vous pouvez bien-sur vous abonner si ça n’est pas déjà fait via http://liens.sam7blog42.fr/?do=rss.

Vous avez également constaté que je ne vais plus très souvent sur Google+ : c’est pour une double raison :

– C’est chronophage, et je n’ai pas beaucoup de temps disponible … alors le peu que j’ai, je  l’utilise pour ce qui est plus “prioritaires” à mes yeux … mon shaarli & mes blogs (actuels & à venir) 🙂 (entre autre)

–  je vous avait déjà avisé il y a quelque temps que mon shaarli remplacerait petit à petit Google+ … car via cet outil je peux :

— partager tout aussi facilement sur les différents sujets qui m’intéressent et qui sont susceptibles de vous intéresser également,

— conserve ces “marques pages” avec les possibilités de recherches via ou non les mots clés … et ainsi tout un chacun peux également y retrouver facilement une série de billets sur tel ou tel sujet ou thème donné (beaucoup plus facilement qu’avec Google+) 🙂

Voici donc les 2 sujets du jour : 

—***— 

1/ Courant janvier sont “tombées” de grandes (et bonnes) nouvelles pour Ubuntu :

Le cycle de développement de la distribution GNU/Linux Ubuntu est connu et bien rodé : une nouvelle version tout les 6 mois et une version majeure supportée sur le long terme  (LTS) tout les 2 ans. Cependant, cela devrait changer.

ubuntu-logo14.png

 

C’est du moins ce qu’on peut en déduire de la dernière bulle (système de vidéo conférence de chez Google) publique réalisée avec Leann Ogasawara, le patron de l’équipe de développement du kernel qui  a en effet indiqué que l’idée de faire d’Ubuntu une distribution en rolling release faisait son chemin et que cela pourrait intervenir d’ici la version 14.04. Rien n’a pour le moment été confirmé et bien que cette nouvelle pourrait faire beaucoup d’heureux, il y a quand même un bon nombre de questions qu’on peut dors et déjà se poser.

Il serait toujours question des versions LTS supportées sur 5 ans mais qu’entre celles-ci, plus de versions tout les 6 mois mais une rolling release. C’est à dire que votre distribution préférée serait constamment mise à jour entre deux LTS.

En clair : une LTS, 2 ans de rolling release, une nouvelle LTS, puis de nouveau 2 ans de rolling release et ainsi de suite.

Un tel changement me parait être une fichtrement bonne idée, pour trois raisons.

  • Premièrement, un ordinateur personnel est toujours plus agréable lorsque les outils utilisés sont toujours à jour, que ce soit l’éditeur de texte, d’image ou le lecteur de vidéos. Une rolling release est très intéressante dans ce genre d’utilisation. De plus, on n’entendrait plus parler des mises à jour ratées tout les 6 mois.
  • Deuxièmement, la stabilité ultime d’une distribution GNU/Linux est fort appréciée dans le domaine des serveurs. Dans un environnement critique, il vaut mieux ne pas jouer avec le feu et garder sous la main un système fiable, testé et re-testé. Il en va de même pour les postes professionnels : il faut du stable. Les versions LTS seraient donc plus qu’apprécié et cela ne changerait rien qu’Ubuntu passe en rolling release.
  • Troisièmement, Canonical, l’entreprise derrière Ubuntu, possède de moyens et d’une armada de développeurs et grand bien leur ferait de les mettre au service d’une distribution en rolling release : ils peuvent clairement se le permettre et s’en sortir comme des chefs.

Jusqu’à présent Canonical a toujours voulu respecter les dates de libérations et sans vouloir faire le chonchon de base, cette politique à souvent mené à se retrouver avec des versions dont la stabilité était un brin douteuse.

Si on ne prend qu’Unity en référence, avec le recul on se souviendra aisément que certains modules jetés en pâture un peu à la va vite, n’ont pas fait l’unanimité et étaient pour le moins bâclés.

On est en droit de se demander aussi si cela ne vas pas nuire encore un peu plus à la stabilité d’Ubuntu et si un processus de validation strict (un peu à l’image de celui d’Arch Linux), sera mis en place pour éviter ça.

Bon, restons pragmatiques quand même, pour le moment rien n’est fait et on n’en sait pas encore assez pour en parler objectivement. Dans l’absolu je suis quand même plutôt pour et je trouve l’idée sympa.

Alors en attendant plus d’infos, je vous propose d’écouter la discussion où LeAnn Ogasawara s’est exprimée à ce sujet :

Et vous, vous en pensez quoi ?… Personnellement, ça fait longtemps que j’attends celà avec impatience … mais malheureusement … ça ne sera pas pour tout de suite car …

Jono Bacon a expliqué que de faire une version de roulement pour Ubuntu maintenant serait une catastrophe et que cela ne se fera donc pas tout de suite, (d’autant plus que Canonical travaille sur de nouveaux projets).

Les choses ne devraient donc pas évoluer pour le moment et le rythme de publication devrait rester inchangé, même si Jono Bacon ne rejette pas totalement l’idée d’une version de roulement.

 

>>> Sources & plus d’infos sur :

 

2/ La privatisation du domaine public par la Bibliothèque nationale de France

L’association COMMUNIA, l’Open Knowledge Foundation FranceCreative Commons FranceLa Quadrature du Net et SavoirsCom1 publient ce jour un communiqué dénonçant la signature par la BNF, le Commissariat aux investissements d’avenir et le ministère de la Culture et de la communication d’accords qui privatisent l’accès numérique à une part importante de notre patrimoine culturel.

Les organisations FramasoftRegards Citoyens,Veni Vidi Librile Parti PirateLibre Accès,Wikimedia FranceVecamLiberTIC PiNGFloss Manuals francophone  et le Front de Gauche du numérique libre ont souhaité apporter leur soutien à cette déclaration suite à sa publication.

Dans des communiqués propres, l’Association des Bibliothécaires de France (ABF)l’Interassociation Archives Bibliothèques Documentalistes (IABD) et l’ADBU (Association des Directeurs de Bibliothèques Universitaires) ont elles aussi exprimé son opposition à ces accords.

Public-Domain-par-dimic-CC-BY-ND-SA-Flickr.jpg

La valeur du domaine public réside dans la diffusion de la connaissance qu’il permet et dans la capacité à créer de nouvelles œuvres à partir de notre héritage culturel. Sa privatisation constitue une atteinte même à la notion de domaine public qui porte atteinte aux droits de chacun. Ces pratiques ont été condamnées sans ambiguïté par le Manifeste du domaine
public
, rédigé et publié par le réseau européen COMMUNIA financé par la Commission européenne :

    • Toute tentative infondée ou trompeuse de s’approprier des œuvres du domaine public doit être punie légalement. De façon à préserver l’intégrité du domaine public et protéger ses usagers de prétentions infondées ou trompeuses, les tentatives d’appropriation exclusive des œuvres du domaine public doivent être déclarées illégales.
    • Les institutions patrimoniales doivent assumer un rôle spécifique dans l’identification efficace et la préservation des œuvres du domaine public. […] Dans le cadre de ce rôle, elles doivent garantir que les œuvres du domaine public sont accessibles à toute la société en les étiquetant, en les préservant et en les rendant librement accessibles.

 

“Nous, associations et collectifs signataires de cette déclaration, attachés à la valeur du domaine public et à sa préservation comme bien commun, exprimons notre plus profond désaccord à propos de la conclusion de ces partenariats et en demandons le retrait sans délai. Nous appelons toutes les structures et personnes partageant ces valeurs à nous rejoindre dans cette opposition et à manifester leur désapprobation auprès des autorités responsables : BnF, Commissariat général à l’investissement et ministère de la Culture. Nous demandons également la publication immédiate du texte intégral des accords. “

Voici quelques précisions sur ce sujet ô combien sensible :

Qu’est ce que la numérisation de documents du domaine public ?

La numérisation consiste à scanner des documents, à y joindre une description (métadonnées) et à les mettre à disposition sur un site Internet, de manière pérenne. Pour des raisons de droit, elle concerne souvent les documents du domaine public et présente un double intérêt : d’un point de vue de la conservation des dits documents et de celui de leur diffusion et réutilisation. En effet, ces documents vieux de plusieurs siècles sont souvent extrêmement fragiles, rares et précieux. Consulter une copie numérique permet de ne pas avoir à manipuler physiquement ces documents et de les protéger. Cela permet aussi de réutiliser plus facilement leur contenu voire même de l’augmenter, par exemple avec l’ajout de paratextes, d’annotations et de permettre au lecteur de zoomer.

Jusque là, rien de bien méchant, c’est plutôt même le contraire ! … Mais c’est là que le bas blesse :

Les termes du partenariat BnF/prestataire privé

Les budgets des organisations culturelles ont tendance à diminuer et les financements publics sont extrêmement difficiles à trouver, notamment lorsqu’il s’agit de fonds anciens, difficiles à mettre sous les feux de l’actualité. Avec cet accord public / privé, la BnF a choisi de se tourner vers des sources de financement et prestataires externes.
Ce partenariat aura pour résultat la mise à disposition payante des œuvres dans un format numérique. La consultation de ces documents sera gratuite depuis les espaces de la BnF, à Paris. La diffusion et l’exploitation en ligne des copies numériques fait en effet l’objet d’une clause d’exclusivité en faveur des partenaires chargés de la numérisation, afin que ceux-ci puissent les mettre à disposition sur Internet. L’accès sera alors payant.

Privatisation, expropriation, concession, commercialisation du domaine public : les mots ont un sens

A mesure que la polémique autour des accords de numérisation de la BnF prend de l’ampleur et rebondit dans la presse générale, on voit apparaître un faisceau de positions révélant des différentes notables d’approches. Si la condamnation de ces partenariats public-privé est large, elle n’est pas non plus unanime. Cette gradation des points de vues est saine et légitime, mais il paraît important de bien cerner la nature exacte de ces nuances pour comprendre ce qu’elles signifient.

Les mots de la déclaration "Non à la privatisation du domaine public en France !"

Les mots de la déclaration « Non à la privatisation du domaine public en France ! »

 Privatisation du domaine public = expropriation d’un bien commun

>>> Sources & plus d’infos sur :