Ubuntu devient-elle un triste équivalent libre à MacOS ?

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J’aime bien balancer de simples billets montrant qu’il existe une alternative libre à tel ou tel service. En ce moment, je tourne pas mal avec ownCloud qu’on peut comparer à un Mega ou un Dropbox libre, mais mon écosystème est constitué d’un paquet d’outils libres. Je me sers le moins possible de Google et de ses services, par exemple, et ça fait déjà un paquet de trucs à installer.

Bref, quand je recherche et trouve du privateur, du pas-libre, je fais ce que je peux pour le réutiliser en version libre.

En voyant passer pas mal d’articles sur Ubuntu, ces derniers mois, je me dis que cette distribution GNU/Linux est une alternative libre à MacOS. Ou va le devenir.

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GNU/Linux pour Ubuntu, avec Ubuntu et par Ubuntu

Non pas qu’Ubuntu perde son titre de distribution GNU/Linux. Elle reste basée sur une Debian, avec dedans du kernel, du X, de la GPL, etc. Mais Ubuntu se sert de sa propre interface graphique (Unity) et bientôt de son propre serveur X (Mir). Du made in Ubuntu/Canonical pour propulser Ubuntu ça me gêne.

Lorsque je me sers de ma Debian, je sais que j’ai la chance de pouvoir utiliser un système fait par une communauté dans laquelle les utilisateurs, les développeurs, les contributeurs de tout poil s’entendent pour faire avancer et vivre ce beau projet.

Ubuntu ne dégage plus vraiment ce genre de sentiment.

J’ai comme l’impression qu’il s’enferme dans leur monde : leur gestionnaire de fenêtre, leur serveur X, leur machin, leur truc. Canonical s’appuie toujours sur le monde libre, sur Debian, mais brosse tout à la sauce Ubuntu.

Ubuntu par Ubuntu

Dans son article “Is Wayland incapable of delivering what Mir can ?“, Swapnil Bhartiya conclu sur une question : en choisissant Mir, Ubuntu dit chercher à dépasser les (supposées et inventées) limites techniques du futur remplaçant de Xorg, à savoir Wayland, ou cherche-t-elle à assoir un contrôle sur ce qui lui sert de fondation ?

Ce qui me traverse vraiment l’esprit depuis des mois et qui c’est confirmé ces derniers jours me pousse à répondre : Ubuntu cherche le contrôle.

À la manière de la marque à la pomme, Ubuntu met en marche un mouvement de contrôle optimal de ce qui lui semble être important pour son avenir.

Imaginez, lorsque je vois quelqu’un qui sort son iPhone pour le brancher à son MacBook en écoutant de la musique avec son iPod qu’il vient juste de synchroniser avec iCloud ou iTunes, moi, ça me fait peur.

On en pense quoi si le gars en question fait ça avec sa tablette sous Ubuntu, son smartphone sous Ubuntu, son PC sous Ubuntu et avec du Ubuntu One ?

La “Communauté Canonical”

Avec l’affaire Amazon, certains avaient déjà perdu la bonne image qu’ils avaient d’Ubuntu, d’autres ont attendumais ne se sentent plus l’envie de suivre Canonical. comme Martin Owens.

Release your code, don’t get locked in, earn your bread, keep up the good work – Martin Owens

La communauté Canonical, c’est comme ça que certains nomment maintenant l’écosystème gravitant autour d’Ubuntu. Il ne s’agit plus vraiment d’une communauté au sens debianneux, pas même au sens red’hateux. Canonical contrôle et les autres suivent.

Après, on pourrait dire que ce ne sont que des considérations de développeur, que l’utilisateur, lui, il est content. C’est possible mais, pour moi, la vie d’une distrib’ tourne autour de ces deux groupes.

>>> Source sur : http://www.dadall.info/blog/index.php?post/2013/03/07/Ubuntu%2C-un-%C3%A9quivalent-libre-%C3%A0-MacOS