Pourquoi Solitude(s) passe au Libre ?

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Solitude(s) a décidé, pour sa V2, de passer l’intégralité du blog sous la licence libre Créative Commons CC-BY-SA. Les licences libres s’inscrivent dans le droit d’auteur français. Elles permettent et facilitent la libre utilisation, l’étude, la mutation et l’échange des savoirs. Elles s’inscrivent dans la culture Libre, et sont nées des communautés du Logiciel Libre. Si chacun peut considérer ses productions de l’esprit comme « libres », il nous semblait essentiel de nous inscrire dans cette mouvance des internets qui permet aux lecteurs de devenir acteurs de la création et de l’échange.

Qu’est-ce qu’une licence libre ?

C’est un contrat à l’intérieur du droit d’auteur. Le droit français est simple : dès que l’on rend publique une création de l’esprit, tous les droits y attenant nous sont réservés. Certains pour toujours (comme le droit d’être reconnu comme l’auteur de sa création) ; et d’autres jusqu’à 70 ans après notre mort. Ces autres droits sont les droits patrimoniaux, qui permettent de contrôler l’exploitation et la diffusion de l’oeuvre.

Les licences libres sont donc un contrat ouvert, que l’auteur décide de passer avec l’audience de son œuvre, pour céder gracieusement certains des droits qui lui sont réservés. Plutôt que de conserver son monopole intégral, il décide donc d’offrir plus de libertés au public, tout en posant ses propres conditions. L’idée est de faire de sa production un Bien Commun, une ressource pouvant être reprise et gérée par la communauté.

Qu’est-ce que la culture libre, le « Libre » ?

Les licences libres nous viennent du monde du logiciel libre. L’informatique, et les internets ont permis de reconsidérer la façon dont on voit les productions de l’esprit. Un code se nourrit de son auteur, mais aussi des apports d’autres codeurs, des retours des utilisateurs. Le programme qui en résulte augmentera sa valeur à chaque nouvel utilisateur, et donc gagnera à être largement diffusé.

A contrario, un logiciel propriétaire restera obscur, privatif et frustrant pour son utilisateur. Surtout à une époque où les langages et les savoirs-faire pour se l’approprier pleinement ne sont qu’à un clic de souris. C’est ainsi que des programmeurs ont hacké le droit d’auteur pour se doter d’outils légaux innovants : les licences libres.

Les 4 libertés fondamentales

Ces licences ont pour but d’assurer à l’utilisateur du logiciel 4 libertés fondamentales :

  1. La liberté d’utilisation. Quand vous achetez microsoft office puis que vous changez d’ordinateur, vous ne pouvez pas utiliser vos logiciels sur ce nouvel ordinateur : il faut racheter le même logiciel. Quand vous achetez un livre numérique avec un verrou Adobe-DRM (les ebooks de Gallimard, Hachette, Flammarion…), les CGU interdisent des choses assez invraisemblables. La lecture à voix haute de l’oeuvre, par exemple, est prohibée sans autre précision.
  2. La liberté d’étude. Pour le logiciel, il s’agit de mettre à disposition du public le code source. Chacun peut trouver et étudier les codes source de Firefox, VLC, Linux… Et ainsi s’assurer que les programmeurs n’y ont pas inséré de faille ou de back-door permettant l’espionnage (de la NSA, par exemple) comme pour Chrome, Internet Explorer ou Windows… C’est la liberté la plus complexe à transposer aux œuvres culturelles.
  3. La liberté de modification. Autoriser, d’avance et par principe, chacun à modifier le code de son logiciel, c’est permettre sa constante amélioration par la communauté d’utilisateurs. Pour les créations artistiques, cette liberté permet et facilite la culture du remix, du mash-up, de la citation et du commentaire… Ce que font, entre autres, Antoine Daniel, le Joueur du Grenier, le Fossoyeur de Films ou encore Dany Caligula.
  4. La liberté de diffusion. Pouvoir partager, échanger, diffuser librement un logiciel original ou sa version modifiée permet d’élargir son public d’utilisateurs et donc de donner plus de valeur au logiciel. Cela vaut pour la culture. Le modèle de paiement à l’accès (je veux un jeu vidéo donc j’achète un dvd, je veux un roman donc j’achète une liasse de papier imprimée…) est lié à l’industrialisation et ne vaut que pour les objets matériels. Quand les créations deviennent immatérielles, conserver le monopole de diffusion est une mauvaise stratégie, même économique. Le logiciel libre a montré que d’autres formes d’exploitation sont possibles, viables et mieux adaptées à la culture numérique.

Lorsque les libertés 3 et 4 sont restreintes (ne pas autoriser les modifications et œuvres dérivée, n’autoriser la diffusion que dans un cadre non commercial) ; on dit que l’œuvre n’est pas « libre », mais de « libre diffusion ».

Peut-on considérer ses créations comme « libres » même sans licence ?

Oui. Artistes et créateurs n’ont pas attendu l’arrivée du logiciel et des communautés libristes pour se défaire du monopole du droit d’auteur. De Lovecraft à Moby en passant par Pierre Carles et Amanda Palmer, ils sont nombreux à annoncer leur volonté de léguer leurs œuvres au public ; à remercier ceux qui partagent, diffusent, adaptent et s’inspirent de leurs créations. Beaucoup d’artistes se disent comme Dany pour Doxa : « Mais bien sûr que c’est libre. Si les gens veulent faire des torrents avec les vidéos, les remixer, en faire des Gifs ou des jeux… je suis content ! » Néanmoins l’illégalité (ou l’incertitude légale) de ces pratiques fait souvent peur aux utilisateurs, qui se retiennent d’agir et s’auto-censurent, malgré la volonté plus ou moins annoncée de l’auteur.

Pourquoi, alors, utiliser une licence libre ?

En un mot : la sérendipité. Afin d’augmenter les chances que son œuvre inspire quelque chose d’inattendu. Lorsqu’on autorise, d’avance et par principe, l’accès, l’étude, la modification et la diffusion d’une œuvre ; lorsqu’on affiche et annonce clairement les conditions équitables de ces utilisations… On ne peut présumer de ce qui va se passer. Peut-être que notre apport aux Communs culturels passera inaperçu. Peut-être qu’il fera dix fois le tour de la terre et se nourrira de chaque échange, de chaque participation. Peut-être, enfin, qu’il ne sera lu que par une personne, dont la rencontre bouleversera notre vie.

Si l’on veut s’ouvrir à ces opportunités de partage et d’échanges, les licences libres sont un bon moyen d’afficher notre intention et de se détendre du droit d’auteur. Les industriels de la culture utilisent le monopole du droit d’auteur pour séparer le créateur de son public, pour instaurer un climat de méfiance entre eux. Entrer dans la culture libre, c’est revenir dans le cercle vertueux de la confiance. Nous proposons là un contrat à qui voudra s’en saisir ; nous invitons qui le souhaite à s’inspirer librement de nos productions, parce qu’elles-mêmes sont inspirées de ce que nous avons vu, lu, entendu ou joué…

CC-BY-SA : qu’est-ce que ça veut dire ?

C’est une licence qui permet d’utiliser, étudier, modifier et diffuser une œuvre sous deux conditions.

La première, « BY » est de mentionner le ou les auteur(s) de l’œuvre originelle. En droit français, c’est une obligation quoi qu’il arrive d’attribuer une œuvre (même du domaine public) à son auteur. Le droit à la paternité fait partie des droits moraux, qui sont inaliénables, imprescriptibles et perpétuels.

La deuxième condition, « SA » oblige votre œuvre dérivée à être elle-même sous licence libre. Ce partage des conditions à l’identique est très puissant. Si vous voulez compiler, éditer et vendre une recueil où figure des articles de Solitude(s), il vous faudra le mettre sous CC-BY-SA. Ce qui signifie que d’autres pourront éditer et vendre votre recueil à leur tour. Cette viralité de la licence libre est le meilleur moyen de se protéger des industriels de la culture, dont le modèle économique se base sur l’exclusivité monopolistique ; sans pour autant restreindre les libertés fondamentales de l’utilisateur (comme le ferait une licence avec la clause NC, par exemple).

Si je publie sur Solitude(s), quelle licence choisir ?

Par défaut, la licence pour vos articles comme vos commentaires sera celle du site, donc CC-BY-SA. Néanmoins, nous acceptons toute licence qui respecte les 4 libertés fondamentales, même moins restrictives. Ainsi, les participations sous CC-BY, CC-0, LAL, MIT, GPL, etc… sont les bienvenues. Celles utilisant des licences de libre diffusion (par exemple avec la clause « NC – interdiction des utilisations commerciales » ou « ND – interdiction des œuvres dérivatives ») ne seront pas retenues.

Nous nous réservons néanmoins le droit de publier sur le site du contenu externe (photos, vidéos, sons, etc…) qui serait sous licence privative (droit d’auteur classique ou licences de libre diffusion). Ces contenus et leurs conditions seront alors dûment mentionnés.

Sentez-vous libres de vous emparer de Solitude(e)s…

Le but même de cette démarche est de vous assurer un maximum de libertés avec ce qui est ici proposé. La première liberté étant, bien entendu, de n’en rien faire ! Ceci étant dit, Solitude(s) se veut une ressource qui n’attend que votre participation, votre gestion. Lire, commenter et créer la discussion, partager ou s’inspirer des articles de ce blog… Toute participation de votre part sera un apport essentiel à ce nouveau pot commun.

>>> Les Solitude(s) s’offrent à vous, et on est impatients de voir ce que vous allez en faire.

>>> Images : CopyHeart <3 mimiandeunice.com  (Traduction Framabook).

 

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Publication : mercredi 16 avril 2014 01:04 Écrit par Pouhiou

>>> Source sur : http://solitudes.fr/index.php/articles/47-pourquoi-solitude-s-passe-au-libre

>>> Plus d’infos sur : http://www.framablog.org/index.php/post/2014/05/06/solitudes-site-libre-collaboratif

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Sauf mentions contraires, le contenu des billets et pages de ce blog est diffusé sous licence CC-BY-SA (ou équivalente).
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