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Blocage politique

Pourtant, malgré sa foule de défenseurs, et les multiples arguments économiques et philosophiques qui le justifient, l’idée demeure irrémédiablement ignorée des milieux politiques.

Non que l’idée ne soit pas connue. Elle fait périodiquement l’objet d’allusions par quelques personnalités politiques, comme Christine BoutinDominique de Villepin, ou chez les Verts Yves Cochet par exemple et plus récemment encore Christophe Girard, du Parti Socialiste.

Dans les années 90, des mouvements de chômeurs en avaient fait une revendication majeure, et l’idée avait même fait l’objet d’un rapport parlementaire au début des années 2000. « L’idée est parfaitement connue du monde politique » résume Marc de Basquiat, docteur en économie et auteur d’une thèse sur le financement d’une allocation universelle en France.

Elle demeure soigneusement rangée dans la catégorie des « belles utopies » qui verront peut être le jour… mais plus tard, quand la « société sera prête » ou que nous serons « assez riches » pour le financer.

Pourtant, même lorsque son financement est présenté en détail et de manière chiffrée, les politiques font la sourde oreille. « C’est l’utopie des utopies » affirmait Laurent Fabius à un colloque du Centre des Jeunes Dirigeants où l’idée fut argumentée devant les candidats à la présidentielle de 2012, par Marc de Basquiat. Le travail minutieux de ce dernier démontre pourtant qu’il est possible de financer un revenu de base de 400 euros par adulte, sans taxer plus ni toucher aux pensions de retraite ou aux allocations chômage. Une proposition que certains considéreront comme minimaliste, mais qui prouve aussi que l’on peut arriver à financer un revenu de base plus élevé, comme le propose par exemple Baptiste Mylondo (750 €).

Pourquoi tant de résistance, même face à des arguments rationnels et chiffrés ? « L’idée parait trop séduisante » répondent les uns. « S’il suffisait de donner de l’argent aux gens pour résoudre tous les problèmes, cela fait longtemps qu’on l’aurait fait ! » répondent les autres. Bref, le blocage n’est peut être pas tant intrinsèquement politique que… sociétal.

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