3 minute(s) de lecture

L’Utopie en 3D

Et puis surtout, l’utopique revenu de base existe déjà, sous forme d’expérimentations locales. En Namibie par exemple, depuis 2008 les habitants du village de Otjivero touchent 100 dollars namibiens par mois, versés par une coalition pour l’instauration d’un revenu de base dans le pays. L’expérimentation vise à démontrer au gouvernement que le dispositif fonctionne. Et c’est le cas : le chômage diminue, la scolarité augmente, l’artisanat se développe, la santé des villageois aussi.

D’autres expériences qui ont déjà eu lieu en Amérique du Nord, dans les années 70 ont montré des effets positifs, et ont démonté en pièces les craintes sur l’effet désincitatif sur l’emploi. Dans la ville de Dauphin au Canada, où un dispositif de revenu inconditionnel a ététesté pendant plus de quatre ans, le nombre d’heures travaillées n’a diminué que de 1%. Mais surtout d’autres effets inattendus ont également vu le jour : les jeunes ont prolongé leurs études au lieu de travailler, les hospitalisations ont diminué, ainsi que la criminalité.

En Alaska aussi, une forme de revenu de base existe. Depuis 1981, les alaskiens touchent un « dividende de citoyenneté » issu du fruit de la manne pétrolière de l’Alaska. Versé annuellement, le montant du dividende représentait 1174 dollars par personne en 2011, soit quelques mois de salaire. Karl Wilderquist, économiste américain et membre du BIEN s’interroge : « Est-ce un hasard si l’Alaska est le seul État américain où les inégalités sont en recul ? »

Alors, à quand une expérimentation en France ? Le collectif POURS (Pour un Revenu Social) travaille depuis un peu plus d’un an avec des collectivités locales pour tenter de mettre en place un projet. Sans succès jusque-là malheureusement.

Mais un autre type d’expérience pourrait voir le jour depuis l’hexagone. Suivant la théorie de Stéphane Laborde, un groupe de développeurs informatiques tente de créer une monnaie parallèle nommée open-udc.

A l’image des SELs, ou plus précisément de Bitcoin, cette monnaie sans banque créée à partir d’un logiciel P2P open-source, l’ambition est de permettre à quiconque le souhaite d’utiliser le logiciel et de mener une expérience grandeur nature ou bien dans le cercle d’une communauté.

Mais à la (grande) différence de Bitcoin, dans open-udc, les unités de monnaie seraient créées selon les règles définies dans la Théorie Relative de la Monnaie, c’est-à-dire par la distribution d’un revenu de base dont le montant varie en fonction du nombre de participants. Pourquoi croire au succès de ce projet ? Parce qu’il n’y a rien à perdre à le rejoindre : on vous paie pour cela… Et pas besoin d’attendre que les politiciens comprennent !

>>> Sources & plus d’infos sur :

more